mercredi 08 juin
Club des 5
Cinq doigts pour cinq mains
Cinq bois pour cinq trains
Cinq chinois pour cinq européens
Cinq patois pour cinq baratins
Cinq lois pour cinq freins
Cinq voix pour cinq crins
Cinq cinq cinq cinq cinq
Le monde se requinque...
dimanche 05 juin
En vrac...
J'ai pas la super fibre poésie en ce moment. Je la garde, mais bon, ça pourrait être plus fort. J'ai participé vendredi soir à une scène ouverte de poésie ouverte, "slam", à Fontenay sous Bois. Banlieue est de Paris. Des airs de bout du monde pour moi, le banlieusard de l'ouest, avec sa petite Honda fatiguée. Un petit rade : "La Milonga" niché dans un coin un peu paumé de Fontenay. (Tsnunami, l'organisateur de la soirée m'a sympathiquement fait remarquer, à raison, que c'est le coin qui est un peu paumé, pas le rade, comme je l'avais disgracieusement écrit auparavant).
Un débat sur le slam pour commencer. Une dizaine de personnes pour y participer. A vrai dire, j'ai un peu de mal avec ces tchatches. Le thème, si j'ai bien compris, devait être sur "pourquoi slamer" ou "c'est quoi le slam"... Tout le monde y est allé de son interprétation, de son commentaire. Démarche analytique sur un mouvement spontané... Sauf erreur de ma part, c'est pas compatible ;-) L'analyse, je préfère la réserver quand c'est fini... Pas avant ni pendant. Disons surtout que c'est aussi la manière qui n'est pas faite pour m'enthousiasmer. Chacun parle, longtemps, et le plus sérieusement du monde. L'humour et la décontraction au vestiaire. Oué, pitié, des gens présents qui ne connaissaient pas ces rencontres de poésie ont été, forcément, pas trop convaincus. S'en est suivi une petite scène ouverte. Une dizaine de poètes est passée. L'action a réveillé tout le monde. Il était temps. Bien sympa. Tsunami, l'organisateur de ces rencontres, a eu la bonne idée de faire animer la soirée.. par d'autres animateurs que lui. Emeric et mézigue ont donc pris le relais. C'est une coutume assez rare dans les soirées "slam". Et c'est une bonne coutume que de partager, le micro et les poèmes des uns et des autres ;-)
Encore plus sympa, l'accueil réservé par les tauliers du rade : chili con carne et pinard offert à tout le public. L'occasion de papoter avec de nouvelles têtes et d'échanger un peu. Si ça pouvait être plus souvent le cas en région parisienne, soupir...
La Milonga, de bons arguments pour revenir. Reste la distance à franchir ;-)
Allez, ma petite note de fin de soirée à vue poétique. J'ai réécouté l'album "Club Da Esquina II" de Milton Nascimento, 1978.
Milton, c'est l'un des magiciens de cette planète. Un brésilien, chanteur, musicien, poète, militant, une bonne gueule, un sourire de grand frère. Imaginez la sortie d'une église blanche dans la brume d'un petit matin dans les collines paumées du Minas Gerais, les mélodies des femmes chantant dans les rues, les incantations aux couchers de soleil, les souvenirs des travailleurs des mines, les visions du passé colonial..
Découvrez la poésie de Milton, personnage incroyable, qui, dans les années 70, s'était associé à des potes musiciens pour produire des disques. ll se retrouvaient au club des angles, "clube da Esquina". Lo Borges, Ronaldo Bastos, Wagner Tiso, Beto Guides, Fernando Brandt... Des types à part. Y a qu'au Brésil qu'on peut assister à de tels prodiges...
Pas besoin de piger le portugais. C'est le voyage. Les visions défilent. L'envoûtement commence. Toujours cette douleur, silencieuse de Milton, qui vient du passé.
Clube da Esquina II, vous pouvez écouter des extraits en cliquant sur l'image...
La pochette de Clube da Esquina I. Le premier. Une pure bombe poétique.
Je l'ai peut-être un peu trop écouté. Je suis sur le II, du coup.
jeudi 02 juin
C'est la bagarre
C'est la bagarre
Des types qui chantent, des filles qui hantent,
C'est la bagarre
Des jeunes qui grondent, des vieux qui grognent
C'est la bagarre
Un soleil qui plombe, des nuages qui menacent
C'est la bagarre
Le ciel ne se lit plus, le brouillard en guise de passe-passe
C'est la bagarre
Une hirondelle muette sur le fil d'un poteau télégraphique
Un toucan incolore survolant une forêt de colère électrique
C'est la bagarre
La mer avale les bateaux, les requins sont les rois
Les marteau-piqueurs défient les lois
C'est la bagarre
Les princesses rongent leurs cachots,
Leurs princes sont transformés en manchots,
C'est la bagarre
Le cours des actions s'est fait jeté en prison
C'est la bagarre
La cour des patrons demande sa dernière onction
C'est la bagarre
L'Europe creuse son sillon, enterre les malédictions
C'est la bagarre
Dieu a une angine, paix à ses ganglions
C'est la bagarre
Les adultes sont orphelins,
L'amour, une frontière sans fin
C'est la bagarre
Le bal des ombres ne connait que le petit matin
Les stroboscopes déchirent un dancefloor malsain
C'est la bagarre
La danse s'est arrêtée
Un pas de trop
L'ascenseur est en porte à faux
C'est la bagarre
C'est la bagarre
C'est la bagarre
Capoiera sur rivage brésilien
mercredi 01 juin
Provocation finale ?
On le dirait bien. Chirac humilié, Chirac désavoué, Chirac largué.... mais Chirac, jamais fatigué... Raillé de toute part, y compris par son propre parti, il choisit le bras d'honneur final. Y a pas de Shakespear dans ce personnage. Mais du bon beauf bien de chez nous :"Ils veulent m'emmerder ? Ils vont bien voir comment j'aime pas qu'on m'emmerde".
A vrai dire, on va tous bien serrer les fesses pendant les deux ans qu'il reste à tenir. De Villepin, doberman number one. Sarkozy, pitbull number two. Mâchoires puissantes, proies identifiées, ils nous sentent déjà le derrière...
Arf, le maître-chien ira jusqu'au bout de la folie de sa meute. Vous le savez sûrement... Entre deux expulsions d'immigrés et trois coups de matraque à des étudiants, De Villepin se dit.. poète ! Oui, le cauchemar continue. De Villepin est un poète, qui écrit à l'occasion des recueils.
Bon... On l'invite à slammer un coup, le Dominique ? Il parait qu'il souhaite rapprocher les élites du peuple...
Sylvainkimouss













