La poésie slam de Sylvainkimouss

Blog pour lire et déposer ses poèmes. Poésie libre : tous les styles sont permis. Esprit slam poésie. Pour slameurs ou non slameurs.

dimanche 19 février

Alfarim, début du monde

L'hiver à Paris est toujours particulièrement pénible. La beauté de la ville a tendance à cacher la morosité ambiante. Il n'empêche : ça reste un sale moment à passer. Alors quand on pense à des horizons plus hospitaliers, vient de suite dans les pensées la costa caparica portugaise. En gros, 50 bornes au-dessous de Lisbonne. Des plages désertes de dizaines de km de long, de 2 de large et quelques cahuttes. Des grosses vagues. Pas un chat. Et puis aussi Alfarim, un village paumé pour routards fatigués. C'est pas le bout du monde, mais plutôt le début. Y a des millénaires de ça, le paysage ne devait pas être si différent.

------

De tous les voyages, j'ai toujours gardé Alfarim,

Parce qu'on avait "trouvé", parce qu'on avait déniché l'endroit toujours rêvé

On avait faim, on avait soif, mais la côte portugaise nous a calmé

Il y avait bien la fatigue, un peu d'angoisse et pas mal de nervosité

N'empêche, on était heureux d'être là, de faire partie de cette immensité

Mes yeux ont gardé la lumière, ces petits grains de sable invisibles, discrètes divinités

A côté de nous passait un troupeau de chèvres sur la plage, on s'est regardé, on s'est bien marré

Et puis ont commencé ces longues journées

Autour d'une sangria, d'une partie de poker pour clôre de courtes soirées

C'est bien le bout du monde si on s'est échangé quelques pensées

Je préférais tourner le dos à la mer, vue sur la pinède, la brousse et les hautes herbes dorées

Je me souviens que le fracas des rouleaux me berçaient

Que les verres de sangria s'alignaient

Que le vent se faisait discret

Et que la brume venait nous cueillir au petit matin, dans la chaleur d'une dune de sable jaune cachée

Je me souviens aussi que l'on est parti, sans le moindre regret,

Sachant que nous étions déjà d'ici et que l'on reviendrait

-----------------

alfarim1

Le bord de mer de la Costa Caparica... Photo issue de "Couleur Alentejo"

Posté par sylvainkimouss à 21:01 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Quelques vers suffisent pour voyager... J'ai bien dit quelques vers, pas verres ! lol

Un petit coucou de la part d'une slammeuse débordée ! bises

Posté par Istina, jeudi 23 février à 22:29

Alentejo: merci pour la photo

C'est une joie de retrouver dans l'éther cette photo que j'ai dû prendre en 1986 ou 1987.
Cette vision quasi africaine (entre Lisbonne et Aldeia do Meco) a sans doute contribué à déterminer mon choix: je vis désormais dans ce décor, un peu plus au sud.

Posté par JCP, lundi 05 mars à 15:44

Alfarim

Ah comme je vous rejoins dans les mots et les impressions!
"Sachant que nous étions déjà d'ici et que l'on reviendrait" m'émeut. C'est exactement ce que j'ai ressenti à chaque départ.
J'ai hanté l'Aldeia do Meco, village voisin pendant 10 ans, chaque année.
J'ai d'Alfarim le souvenir d'un village empli de candeur d'éternité...telle la découverte du boulanger sans vitrine ni échoppe, simplement en suivant les fragrances de pain chaud.
Sur Couleur Alentejo, "Ma galerie Marines", mon blog de peintre, vous retrouverez des bateaux familiers.
Amicalement

Posté par JCP, lundi 05 mars à 15:56

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=860&pid=1397914

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :