dimanche 19 février
Alfarim, début du monde
L'hiver à Paris est toujours particulièrement pénible. La beauté de la ville a tendance à cacher la morosité ambiante. Il n'empêche : ça reste un sale moment à passer. Alors quand on pense à des horizons plus hospitaliers, vient de suite dans les pensées la costa caparica portugaise. En gros, 50 bornes au-dessous de Lisbonne. Des plages désertes de dizaines de km de long, de 2 de large et quelques cahuttes. Des grosses vagues. Pas un chat. Et puis aussi Alfarim, un village paumé pour routards fatigués. C'est pas le bout du monde, mais plutôt le début. Y a des millénaires de ça, le paysage ne devait pas être si différent.
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De tous les voyages, j'ai toujours gardé Alfarim,
Parce qu'on avait "trouvé", parce qu'on avait déniché l'endroit toujours rêvé
On avait faim, on avait soif, mais la côte portugaise nous a calmé
Il y avait bien la fatigue, un peu d'angoisse et pas mal de nervosité
N'empêche, on était heureux d'être là, de faire partie de cette immensité
Mes yeux ont gardé la lumière, ces petits grains de sable invisibles, discrètes divinités
A côté de nous passait un troupeau de chèvres sur la plage, on s'est regardé, on s'est bien marré
Et puis ont commencé ces longues journées
Autour d'une sangria, d'une partie de poker pour clôre de courtes soirées
C'est bien le bout du monde si on s'est échangé quelques pensées
Je préférais tourner le dos à la mer, vue sur la pinède, la brousse et les hautes herbes dorées
Je me souviens que le fracas des rouleaux me berçaient
Que les verres de sangria s'alignaient
Que le vent se faisait discret
Et que la brume venait nous cueillir au petit matin, dans la chaleur d'une dune de sable jaune cachée
Je me souviens aussi que l'on est parti, sans le moindre regret,
Sachant que nous étions déjà d'ici et que l'on reviendrait
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Le bord de mer de la Costa Caparica... Photo issue de "Couleur Alentejo"
Commentaires
Quelques vers suffisent pour voyager... J'ai bien dit quelques vers, pas verres ! lol
Un petit coucou de la part d'une slammeuse débordée ! bises
Alentejo: merci pour la photo
C'est une joie de retrouver dans l'éther cette photo que j'ai dû prendre en 1986 ou 1987.
Cette vision quasi africaine (entre Lisbonne et Aldeia do Meco) a sans doute contribué à déterminer mon choix: je vis désormais dans ce décor, un peu plus au sud.
Alfarim
Ah comme je vous rejoins dans les mots et les impressions!
"Sachant que nous étions déjà d'ici et que l'on reviendrait" m'émeut. C'est exactement ce que j'ai ressenti à chaque départ.
J'ai hanté l'Aldeia do Meco, village voisin pendant 10 ans, chaque année.
J'ai d'Alfarim le souvenir d'un village empli de candeur d'éternité...telle la découverte du boulanger sans vitrine ni échoppe, simplement en suivant les fragrances de pain chaud.
Sur Couleur Alentejo, "Ma galerie Marines", mon blog de peintre, vous retrouverez des bateaux familiers.
Amicalement
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