Seconde et dernière note de mon petit passage en Sardaigne cet été. J'avais évoqué juste avant l'existence des "gara poetica", ces concours d'impro poétiques qui se tenaient dans les villages. J'ai bien dit "tenaient" car la tradition a pris un coup dans le gésier. Y a plus grand chose aujourd'hui, mais je peux me tromper, je ne suis pas allé partout.

De ces rencontres, il existe peu d'archives. Très peu de photos, encore moins d'enregistrements sonores. Mais des souvenirs, plein. Pas mal de vieilles personnes s'en souviennent très bien. Et certains poèmes sont encore dans les têtes. Ceux de Remundu Piras en particulier. Un poète de Villanova Monteleone, mort en 1978. La particularité de Remundu, et des autres poètes sardes de la même trempe, c'est leur esprit critique. Ils passaient leur temps à l'ouvrir. Pas forcément des militants politiques engagés. Mais de simples citoyens qui n'aimaient pas se faire marcher dessus sans broncher. Ca parait con, mais c'est pas le lot commun aujourd'hui... C'est souvent la nature, le passage à la société de consommation qui formaient leurs vers.

Je me fais aider pour traduire un bout d'un de ses poèmes. Un sarde assez rustique...

Remundu_Piras
C'est lui, le lascar Remundu.
Cliquez sur l'image pour plus d'infos.

(Bisogna di parlare italiano)


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Gara_poetica
Un des rares clichés disponible d'une "gara poetica". Ici, de gauche à droite, les poètes Contini, Pirastru, Cubeddu, Testoni et Farina .