jeudi 30 juin
Haïku
Un petit bijou caché dans une cuisine
L'amour de la verroterie, invisible
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mardi 28 juin
Poème en anglais
Je profite de ma petite sortie londonienne pour ressortir cet autre poème écrit en anglais. Je l'aime bien aussi celui-là.
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Is this true or is this false ?
Is this correct, i've got no remorse
Is this high or is this bright ?
Is this far or is this tight ?
Is this big or is this small ?
Is this life or is this toll ?
Is this birth or is this nerve ?
Is this crack or is this earth ?
Is this you or is this time ?
Is this me or is this line ?
Is this castle or is this sand ?
Is this blood or is this land ?
Tell me : whose side are you ?
Is this mum or is this Tom ?
Is this rum or is this cum ?
Is this sky or is this dark ?
Is this shy or is this light ?
Is this bad or is this mood ?
Is this sad or is this doom ?
Is this end or is this start ?
Is this slow or is this crash ?
Is this food or if this cool ?
Is this harsh or is this tool ?
Tell me : what kinda man are you ?
Lalalala..lalalala
Poésie à Londres
Alors, c'est comment la poésie à Londres ? Ben, c'est pas mal, mais ça aurait pu être encore mieux ;-) Notre hôte, un certain Nii Parkes, l'un des principaux organisateurs de scènes de poésie libre ("slam") de la ville, se révélant un brin désinvolte et bordélique.
On avait rendez-vous dans un bar nommé le Menjaro. On arrive : fermé ! Après renseignement, le rade l'était depuis déjà deux mois.. Grimace. On réussit à trouver la nouvelle scène, le Zyrus, un peu miraculeuseuement. Hélas, une bonne partie du show était déjà passée. On a quand même vu des OVNI volant à haute altitude et à grande vitesse. Pratiquement que des Noirs, on était quelques Blancs dans l'assistance. Ambiance boîte de nuit années 80. Assez marrant. Pas mal d'Américains présents. La poésie se scande, se rappe. Textes sérieux : problèmes familiaux, raciaux. Pas mal de filles aussi. C'est une nana de Floride, LIsa, qui gagnera du reste le tournoi. 100 pounds (environ 1 000 de nos vieilles balles) dans la pocket.
Je garderai en mémoire une autre fille. Oublié son nom. Elle a chanté et un peu rappé. Voix merveilleuse, un refrain génial. J'en étais abasourdi.
Bref, la rencontre entre poétes made in France and made in Britanny a eu lieu. Gens très gentils. Y a des chances que l'on se revoit.
Nii Ayikweï Parkes, poète anglais.
Cliquez sur l'image pour accéder à son site

Et 100 pounds dans la poche de Lisa, une poète de Floride de passage à Londres
lundi 20 juin
Poetry in the UK
Et ben, une petite surprise auquelle je m'y attendais pas du tout : une petite invit' pour une slam session se déroulant le jeudi 23 juin à Londres. En compagnie de quelques poètes made in France. Thanx Tsunami, c'est lui le monsieur-surprise ;-)
Ca sera au Manjaro Bar. Preuve qu'on est bien en Angleterre, y a du pognon à gagner : 100 pounds ! J'ai bien aimé sur le site, la mention justifiant ces gains : "de l'argent pour réveiller la poésie à Londres !"
Bref, et ben ça sera l'occasion de délivrer un poème, en anglais please, dont je suis assez content, je le reconnais. Il n'a pas de titre.
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It was a quick brush
But eagles fly and seagulls fall before getting crushed
It was a slick move
But the fountain shined and the sky was removed
It was a slow glimpse
But I saw your eyes dancing like a lone ship
It was a long stork
But my feet remained soaked
There was that valley
Then your face and mine
Either tears nor light
I just faint... praying to come back
I was fighting against all odds
I was sinking with all gods
I was streaming like a baby born
I was fading like an old picture of corn
I don't want to feel the cold
I don't want to see the grey
I bend on my knees, sit and stay
Claiming to burst onto new scenes of gold
Can you feel this neverending river ?
Can you feel the power of this silent stone ?
Can you feel the sun under these olive trees ?
Can you breathe the smoke of this pale horizon ?
Live the colors, fill up your heart with blue, picture your own sky with fireworks of hoods
Lay down on this blurry beach
Open your eyes to mine
Axe this cloud into pieces of mighty lemon drops
Hit the montain peaks with your chin
Yell louder than 6 billion human beings
Escape the echo of the valleys
Erase the future
And now....
Let's bury our regrets
Let's whisper our crimes
Let's spark the velvet fields
Let's crawl in a pool of a warm blood
Let's climb on our heads
Do melt the moon
Do freeze the sun
Do love me...
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SYlvainkimouss (bon, maintenant, faudra le dire de vive voix, et toujours en anglais. je me marre d'avance ;)
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C'est pas moi, mais Julien, un poète de Paris. Photo de Istina.
Je la trouve... géniale.
vendredi 17 juin
100 kilos de poésie bien tassée
Et ben voilà, une bonne petite soirée de poésie "slam" de plus enquillée hier soir. Il faisait chaud sur Paris. L'effet de la pollution est désormais facilement visible : l'air a de bizarres couleurs. J'étais content de retrouver ensuite ma petite campagne, ses champs et ses oiseaux. Mais je m'égare là.
Oui, très bonne soirée donc. On a commencé en douceur. Il y avait très peu de monde pour commencer, 5 ou 6 poètes à tout casser vers 21 heures. Puis l'assistance s'est progressivement remplie. Et l'ambiance s'est installée elle-aussi, toujours progressivement ;-) Plein plein plein de belles choses entendues. Nous remercions avec Pierkiroul :
- Dani et sa petite voix agile
- Thierry, le roi des alitérations
- Capitaine Haddock et son âme de grand gosse foufou
- Nikita, 12 ans, qui a fait un beau poème pour sa maman présente dans la salle
- Edgar, 11 ans, qui n'a pas fait de poème pour son père présent dans la salle, mais c'était bien quand même
- Murder le rappeur, le raconteur, bref le bohneur
-Toussaint qui adore le "slameuh" et ça se voit...
- Orcy, pas très sobre question boisson, mais du coffre !
- Angel Pastor qui a lu des poèmes en espagnol. Classe.
- Milan, 12 ans ? 13 ? Pareil que Edgar, la relève poétique française est assurée
- Istina, et ses mondes secrets, mystérieux
- Fati, conteuse africaine classe
- Tsunami tel qu'en lui-même, incisif
- Bokov : le poète franco-russe, à moins que cela ne soit l'inverse, déchire toutes les nationalités
- Marie-Claude, la compagne du précédent, une poèsie à fleur de peau...
- Carole, premier slam de sa vie et déjà une première bombe !
- Beuss, avec un pseudo comme celui-là, on n'a pas été déçu.
- Le Robert, ses mondes à lui, ses voyages intérieurs...
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Voici les photos de la soirée. Cliquez sur l'image
Edgar, le Lautréamont du 23ème siècle !
Vous allez le revoir sur d'autres scènes ;-)
(photo : Istina)
mercredi 15 juin
Club de poètes
Et demain, jeudi 16 juin, c'est poésie libre, "slam", au bar Les 100 Kilos, 2 RUE DE LA FOLIE MERICOURT PARIS dans le 11ème arrondissement. Métro Saint-Ambroise, Ligne 9.
Venez avec un poème ou sans poème. Le public est là pour vous écouter, et aussi participer. Il suffit juste de demander à passer. Et vous passez !
Les rencontres de poésie ouvertes, dite "slam", sont pour tout le monde. Pas besoin de diplôme de DESS de poésie certifiée.
Il suffit juste d'être soi-même, gentiment. Faites profiter aux autres de vos trouvailles, ce que vous avez sur le coeur ou dans le ventre.
Bref, venez. On vous attend avec Pierkiroul de pied ferme. Le cadre est sympa en plus. C'est assez cosy. Très décontracté.
A jeudi !
Sylvainkimouss & Pierikiroul
Gabrielle, une jeune poète rencontrée récemment
au Bar La Milanga. (Photo : Istina)
lundi 13 juin
Gaston Couté, un poète à découvrir, à redécouvrir
Tiens, une occas' qu'elle est bonne. J'ai revu une personne qui m'a fait découvrir un poète français qui casse tout : Gaston Couté. Il n'a pas vécu longtemps : 1880 - 1911. Il a au-moins esquivé la Grande Première. Gaston, comment dire, c'est le mec qui a passé une bonne partie de sa courte vie sur les chemins. Il a traversé des champs, des villages. Il a chanté, raconté les vies de son époque. Un enragé qu'il était. Un sensible évidemment, une gueule et pas petite. Bref, beaucoup de qualités.
Vous verrez, la vie de l'époque de Gaston, c'était déjà pas marrant. Les mêmes conneries que les nôtres... Goût du pognon, intolérances, mysoginisme, bref, connisme général déjà.
Ses poèmes se chantent, très facilement. C'est en écoutant ce copain
beugler "Cheminooooooot" complètement torché à 5 heures du mat que j'ai
eu envie de m'intéresser au gars Couté. Vous remarquerez son "patois" un brin rocailleux et ses visions plus vraies que natures...
Il y a un site, sobre et bien fait : cliquez sur le portrait ci-dessous
samedi 11 juin
Deuil
Il y a ce proverbe un peu étrange : "ce sont toujours les meilleurs qu partent en premier" ou quelque chose comme ça. Façon de dire, je suppose, que c'est toujours chiant de constater que les salauds ont la peau dure ?
Grisélidis Réal a quitté notre petit monde le 31 mai dernier. Ce n'était pas une salope, Grisélidis. Elle n'est pas très connue. Mais elle a marqué notre petit monde de son empreinte griffue.
Grisélidis, c'est un destin singulier. Une pute intello, figurez-vous. Pendant de longues années, quasiment 40 ans, des trottoirs de Münich à ceux de Genève, où elle a terminé sa vie, une lutte acharnée contre la morale bourgeoise, les préjugés et la haine de nos sociétés un brin hypocrites avec le cul et le reste.
Grisélidis, entre deux passes, écrivait, peignait, dissertait, philosophait. Poète à sa façon. Elle s'est pris le monde, le vrai, le dur, sur la gueule toute sa vie. Il en est ressorti de l'amour, de la compréhension, de l'espoir. C'est le miracle de cette vie.
A travers la prostitution, on pige pas mal de choses essentielles sur la vie. Grisélidis le faisait comprendre de façon géniale, marrante. Ele disait : "La prostitution est un Art, un Humanisme et une Science". Pas moins...
Je suis encore vachement ému.
Grisélidis a écrit deux bouquins.
> Le noir est une couleur : sa vie par elle-même... Dérangeant au premier abord. Mais elle vous aide à franchir facilement vos appréhensions.
> Carnet de bal d'une courtisane : ses notes sur ses clients. Style :"Maurice aime bien la fessée. Donne 100 francs..." Pareil, pas évident au début. On s'aperçoit rapidement que le côté dit "obscur de la vie" appartient surtout aux aveugles ou plutôt à ceux qui ne veulent rien voir. La lumière est crue, pas moche pour autant.
Grisélidis a aussi créé une association d'aide aux prostituées : Aspasie.
Bref, pas envie de m'étendre davantage.
A toute la famille, les proches, de Grisélidis, recevez toute ma sympathie.
On n'a pas gagné, mais rien n'est perdu.
SYlvainkimouss

C'est elle...
Si vous allez sur le site de Aspasie, vous trouverez son éloge funèbre, celui qu'elle a écrit la veille de sa mort. C'est pas gai, soupir... Mais ça en dit long sur elle.
" En écoutant de la musique (sud américaine) et du Chianti à portée des lèvres. Et d’abord, je vous interdit de pleurer !! Riez, oui, souriez, gueulez, ou taisez-vous à cette évocation de cette vie qui fut mienne et qui restera, à jamais, enterrée… l’heure venue. Oui j’ai vécu, et j’ai surtout CREVE, bien avant l’heure, de tout : crevé de faim, de l’absence de père, d’une mère trop sévère et pourtant trop aimante, crevé de tuberculose, d’échecs scolaires, d’angoisse devant la police, des marches la nuit pour trouver du fric, crevé d’amour (oh mes amours ratées, assassinées par la morale, par la soif immense du manque de l’autre et de soi-même, mutilées par l’inconnaissance…). Oui j’ai eu quatre enfants, par hasard car à l’époque la pilule n’existait pas, et j’ai été onze fois enceinte, et toutes les larmes du monde ne ressusciteront pas ces pauvres embryons innocents massacrés à coup d’avortements et de fausses couches plus ou moins officiels et sanglants, le dernier en prison. Qu’on me pardonne : la planète est déjà surpeuplée, 40 000 enfants meurent chaque jour de faim ou de mauvais traitements, sauvez-les donc au nom de Dieu !!
Ce Dieu auquel je ne crois plus, il y a trop d’horreurs, de guerres, de tueries… Moi qui ai 70 ans, qui vais donc bientôt crever d’avoir trop crever, et trop vécu sans doute… Trente ans de prostitution, ça marque, ça use le corps et l’âme et vous donne pourtant un immense amour de la vie, et du respect humain des souffrances de l’Autre, de sa solitude, de son désespoir d’être privé de femme et de tendresse, de ses propres échecs qui rejoignent les vôtres, et si l’Au-delà existe, je souhaite y danser sur des musiques tziganes, boire des alcools merveilleux, et retrouver mes hommes, ceux que j’ai aimés, ceux que j’ai haïs, aidés, soulagés, espérés, attendus, refusés, réconfortés et portés par dessus tous les préjugés, les tabous, les hypocrisies de cette morale malade et inhumaine dont je n’ai pas crevé, je m’en suis simplement évadée vers plus de liberté au péril de ma vie."
jeudi 09 juin
Ma demeure
Quand Banze attend le train, elle écrit... Ceci...
Ma demeure...
Pour rien au monde
Je ne livrerai ma demeure aux songes
Sur la terrasse à l'ombre des manguiers
-une bulle dans la tête un stylo à la bouche-
On dirait qu'ici on n'avait pas de chaussure et
qu'on aurait des ailes aux coins des lèvres
Ma demeure aux songes est juste à portée de mes doigts
Et j'y vais les yeux fermés
Loin des forêts grises de béton de Paname
Près de l'herbe fraîche et des nuages salés
J'aime me balancer sur mon hamac de pensées
Ma demeure est biscornue, éléphatesquement minuscule
Seuls la retiennent deux fils accrochés au ciel
Des petites peurs hantent les tiroirs Il y a des papillons
un peu partout des espérances dans les couloirs
C'est ma douceur faite d'air
A l'ombre de mes mondes
C'est ma demeure aux songes.
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Banze
mercredi 08 juin
Six of the best
Six, c'est une fleur et aussi un malice
Six, c'est une odeur et aussi un délice
Six, c'est un parfum et aussi une cicatrice
Six, c'est un outrage et un maléfice
Six, c'est un bateau qui dérive sans hélice
Six, le pays des merveilles s'appelle Alice
Six six six six six six, le monde se bouchonne... puis dévisse...
















